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L'entretien VESTIAIRES - Alexander VENCEL : "Un entraîneur de gardien ne peut plus se contenter de frapper au but durant une séance..."

La FIFA forme les entraîneurs spécifiques de demain. Il y a un an, le département Éducation et Développement Technique de la FIFA lançait un nouveau programme de formation d’entraîneur de gardien de but (FIFA goalkeeping course). Alexander Vencel, ancien portier du RC Strasbourg et actuel instructeur FIFA en charge du projet, nous fait le bilan d’une action qui commence à porter ses fruits. (par Julien Gourbeyre)


Vencel parcourt le monde pour former... des formateurs de gardien.
Vencel parcourt le monde pour former... des formateurs de gardien.
Alexander, comment avez-vous décroché cette mission au sein de la FIFA ?
Il y a un an, après avoir lu mon livre ("Gardien de But", ndlr) et visionné mon DVD, le directeur technique de la FIFA et le responsable du département éducation m’ont contacté pour me demander de chapeauter un nouveau programme de formation d’entraineur des gardiens de but. C’est une offre que je ne pouvais refuser puisqu’il s’agit de donner un nouvel élan à l’apprentissage des portiers du monde entier, et d'encourager le recours à des entraîneurs spécialisés.

Ces derniers ne sont pas assez nombreux ?
Non, effectivement. Et lorsque les clubs ont la chance d’en posséder un, il arrive que ses compétences soient limitées... Le constat n’a pas échappé à la FIFA qui a donc mis en place cette structure de formation, qui n'existait pas.

En quoi consiste précisemment votre fonction ?
Je travaille à l’élaboration d’un kit d’entraînement pour les entraîneurs de gardien tout niveau, qui se compose d’un manuel complet et de plusieurs DVD bientôt disponibles. De plus, j’organise des séminaires et des formations un peu partout dans le monde. Des événements qui bénéficient à une région précise, comme l’Afrique francophone par exemple, ou à une fédération nationale. Notre prochaine destination nous amènera au printemps prochain en Amérique centrale, en particulier au Mexique et en Jamaïque.

"Nous allons faire appel à des préparateurs mentaux"

Quelle démarche une fédération doit-elle entreprendre pour accueillir une formation de ce type ?
C’est très simple. Elle doit contacter la FIFA qui va par la suite planifier un séminaire de quatre jours dans un délai de trois mois, le temps pour elle d’envoyer le matériel éducatif nécessaire au bon déroulement de la formation. Dans le cas de séminaires régionaux, les participants, qui sont généralement entre 15 et 35, sont totalement pris en charge par la FIFA. Pour ce qui est des événements nationaux, une aide financière de l’institution parvient à la fédération intéressée, qui organise l’événement à sa guise.

Une fois planifié, quel contenu proposez-vous aux entraîneurs que vous rencontrez ?
Nous avons établi un programme théorique et pratique commun à toutes les formations, portant à la fois sur les aspects techniques, physiques, psychologiques et tactiques. Sur place, il arrive que l’on soit amené à adapter le contenu proposé en fonction du niveau des participants. En effet, le discours ne peut pas être le même suivant que l’on a en face de soi un entraîneur de sélection ou un entraîneur de club amateur. Avec le premier, nous serons plutôt dans l’échange et l’enrichissement mutuel. Avec le deuxième, nous serons plus dans l’apprentissage à proprement dit. Au delà de ça, l’important est que les stagiaires échangent entre eux, qu’ils restent en contact après le séminaire... Cela permet de se passer des infos, de créer une certaine émulation et donc d’acquérir des compétences supplémentaires.

L'entretien VESTIAIRES - Alexander VENCEL : "Un entraîneur de gardien ne peut plus se contenter de frapper au but durant une séance..."
Les entraîneurs que vous côtoyez ont-ils une façon différente de fonctionner d’un pays à l’autre ?
Globalement non... Disons qu’il y a un point commun à tous ces pays : on constate un certain nombre de lacunes dans l’organisation et la planification des séances. Dans l’ensemble, les entraîneurs que nous formons savent mettre en place les exercices, mais ils ne réfléchissent que trop rarement en termes d’objectifs. Dans quel but vais-je aborder tel domaine ? Avec quel impact sur l’évolution du gardien ? Si vous leur demandez pourquoi ils privilégient telle ou telle séquence, ils ne sauront pas vous répondre... Or, pour qu'un gardien puisse progresser, il est indispensable de travailler sur le long terme, avec des objectifs précis. Il faut également que les entraîneurs prennent conscience de l’importance accordée au travail de base et aux acquisitions dès le plus jeune âge. Combien de répétitions ? Quel exercice à quel âge ? C’est dans ces domaines-là que les progrès à accomplir sont les plus nets. Et ce n’est pas tout...

C’est-à-dire ?
Dans la majorité des fédérations visitées, on observe aussi un manque de communication entre l’entraîneur principal et l’entraîneur des gardiens. Le but est donc de persuader le premier qu’un gardien peut aussi faire gagner des matches et que, par conséquent, il doit laisser une certaine latitude à son entraîneur spécifique et être dans la discussion permanente.

Douze mois après la création de cette structure de formation, constatez-vous des progrès sur le terrain ?
Il est encore trop tôt pour répondre à cette question. Mais la prise de conscience est là : chaque participant sait qu’un entraîneur de gardiens ne peut plus se contenter de frapper au but au cours d’une séance. Il doit savoir planifier, être très appliqué, donner de l’importance à la préparation physique et à l’aspect mental, etc... Ce dernier pan de l’activité évolue constamment. Nous pensons d’ailleurs faire appel à des préparateurs mentaux au cours des prochains séminaires, car nous considérons que leur expertise est utile lorsque les gardiens sont véritablement affectés sur le plan psychologique.

Quelles sont les autres évolutions à attendre au cours des prochains mois ?
Nous nous penchons sur le football féminin via des contenus vidéo et un DVD que nous sommes en train de créer... Et nous projetons, si besoin est, de réaliser ce type de support à destination du futsal et du beach soccer. Par ailleurs, d’ici fin mars-début avril, les entraîneurs pourront consulter tout un programme d’entraînement sur le site internet de la FIFA en fonction des catégories encadrées.

Propos recueillis par J.G.

L'entretien VESTIAIRES - Alexander VENCEL : "Un entraîneur de gardien ne peut plus se contenter de frapper au but durant une séance..."
ALEXANDER VENCEL
Né le 2 mars 1967 à Bratislava (Slovaquie)
Poste : gardien de but
Parcours :
Joueur : Slovan Brastislava (1987-89), RH Cheb (1989-90), Slovan Brastislava (1990-94), RC Strasbourg (1994-2000), Le Havre AC (2000-05).
Palmarès : coupe de la Ligue 1997, finaliste de la coupe de France 1995, élu meilleur gardien de Ligue 1 en 1998-99. 222 matchs de L1, 120 matchs de L2, 24 matchs de coupes d'Europe.
International (21 sélections)
Entraîneur : Le Havre, adjoint (2005-06), Strasbourg, adjoint (2006-10), instructeur FIFA depuis 2010.


Samedi 24 Mars 2012

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